centre PAAS/ formations nutricartes / 1000 jours

 

Tout au long de nos activités au Niger, nous avons cerné qu’une des grandes problématiques sur les projets étaient le développement des compétences des acteurs locaux.

En effet, ils étaient nombreux à vouloir mener des actions mais la conduite de projet, les outils de suivi, les techniques d’intervention et la rigueur n’étaient pas au rendez-vous.

Tout au long de des années, nous avons donc essayé de les former et de les doter d’outils ; d’abord pour gérer les stocks des cases de santé, puis le budget de la coopérative, le suivi des actions éducatives….

A Zinder, cet aspect « développement des compétences des acteurs de terrain » représentait au moins 80% du temps passé au Niger, pendant nos missions.

Et à distance, avec le développement des réseaux et des outils de communication, nous étions dans l’échange en permanence et surtout dès qu’ils rencontraient un point de difficultés.

Dès 2010, lorsque la situation s’est tendue au niveau sécuritaire et que nous ne pouvions plus voyager à l’intérieur du pays nous avons continué à agir mais « plus à distance » et en fonctionnant avec des sessions de formation / retour sur la pratique.

Ces sessions avaient lieu à Niamey sur 5/6 jours avec quelques acteurs venus nous rejoindre là où nous étions hébergés. Ce système de dépannage ne pouvait pas durer, il était précaire, couteux et nous repartions un peu frustrée de ne pas réussir à aller au cœur des problématiques.

Nous avons donc créé le centre PAAS : Centre de Pédagogie Active pour Animateurs Solidaires.

Pédagogie Active car nos sessions de formation étaient inspirées de pédagogie participative, s’appuyant sur l’expérience des acteurs et des populations cibles pour amener un changement, une progression, une amélioration notamment dans leurs conditions de vie ou leurs problématiques.

Animateurs Solidaires parce que nous avions compris dès cette époque, que notre implication devait être de moins en moins visible pour garantir notre sécurité. Nous avons donc opté sur la formation d’Animateur Nigérien que nous aurions formé en fonction des projets pour conduire les actions sur le terrain en l’adaptant aux langues locales diverses.

A cette époque-là, nous avions rencontré l’Appel, une association qui avait mis au point les Nutricartes une méthode d’éducation nutritionnelle basée sur la pédagogie active pour lutter contre la malnutrition.

Nous avons été immédiatement séduits par cet outil et avons proposé un partenariat pour l’implanter au Niger, pays ou la malnutrition chronique s’était bien installée depuis 2005 et où les ONG d’aide Humanitaire ne traite que des cures de renutrition.

A notre avis, il fallait réapprendre aux populations à se nourrir avec leurs produits locaux, selon leurs cultures et leur habitudes alimentaires mais en respectant les bases essentielles notamment s’assurer que tous les jours, les enfants bénéficient d’aliment de construction, de protection et d’énergie ;

Ensemble nous avons donc formé un groupe d’une quarantaine d’animateurs qui sont devenus nos ambassadeurs nutricartes. Pendant 3 ans ils ont pris la route direction des quartiers populaires, les zones rurales appauvries et ils ont adapté cet outil aux langues locales (peul, béri béri, zarma, tamajeq kanouri, songaï…)

Dans un second temps, à la demande d’ONG qui travaillaient sur la problématique de la mortalité maternelle et infantile ainsi que sur la malnutrition mère enfant, l’Appel a fait évolué son jeu dans une version Nutricartes 1000 jours.

Nous avons donc formé au centre PAAS des sages femmes et agents de santé destinés à intégrer cet outil  lors des consultations prénatales de la région de Zinder.

 

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